Comprendre
Pas seulement une affaire de diabétiques.
L'index glycémique (IG) mesure la vitesse à laquelle un aliment fait monter le taux de sucre dans le sang après consommation. Il est exprimé sur une échelle de 0 à 100, où 100 correspond au glucose pur.
Un aliment peut avoir peu de glucides mais un IG élevé, beaucoup de glucides mais un IG modéré, ou les deux à la fois. Ce sont deux indicateurs complémentaires, pas interchangeables.
L'IG a une limite : il ne dit rien de la quantité de glucides réellement consommée. C'est là qu'intervient la charge glycémique (CG), qui combine les deux :
Reprenons l'exemple de la pastèque : IG élevé (72), mais si peu de glucides disponibles (7.5g/100g) par portion que la charge glycémique réelle reste faible. À l'inverse, un aliment à IG modéré mais très riche en glucides peut avoir une charge glycémique élevée.
Tu peux comparer la CG de chaque fruit sur la page Fruits (colonne masquée par défaut, à activer dans "Filtres").
Un IG élevé provoque une forte sécrétion d'insuline pour faire redescendre la glycémie. Cette chute rapide crée un coup de fatigue, une baisse de concentration, parfois de l'irritabilité : le fameux "coup de barre" de l'après-midi. Sur le long terme, des pics répétés favorisent la résistance à l'insuline et la prise de poids.
Normalement, l'insuline agit comme une clé qui ouvre les cellules pour laisser entrer le glucose venant du sang. Quand on a des pics glycémiques répétés, le pancréas doit produire de plus en plus d'insuline pour faire le même travail. À force, les cellules s'y habituent et "ignorent" le signal : c'est la résistance à l'insuline.
C'est un processus silencieux qui s'installe sur des années, souvent sans symptômes visibles au début. On peut développer une résistance à l'insuline bien avant d'être diagnostiqué diabétique.
ℹ️ Sources
• Atkinson et al., International Tables of Glycemic Index and Glycemic Load Values, Diabetes Care, 2008
• Atkinson et al., mise à jour 2021, American Journal of Clinical Nutrition
• Base de données en ligne consultable sur le site de l'Université de Sydney